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Le Petit Train d’Auteuil, je l’ai toujours connu, enfin presque : tout habillé de vert avec ses gros clous et ses gerbes d’étincelles, il nous transportait jusqu’au champ de courses d’Auteuil, pour s’aérer. Là, parfois, l’envie nous prenait d’entrer dans le Bois. Nous passions devant les grilles dorées du Pesage avant de longer le Lac où les canots trapus éclaboussaient l’eau flasque de leur lourdes rames et nous faisaient rêver à de grands paquebots et à de gigantesques traversées (rue David, on connaissait un monsieur qui était cuisinier à bord du Normandie). Le petit train d’Auteuil, on le prenait à Pont Cardinet, de l’autre côté du Square des Batignolles d’où l’on regardait siffler les rapides en partance pour |
l’Amérique. Dans le square, il y avait des ruisseaux, des rochers, des petites cascades, mais pas de truites. Celles-ci, on les avait laissées là-bas dans la Rise, le torrent bordé d’aulnes frais, bondissant entre les prés du " Castet de Toch " qui tapissent le vallon de montagne, un flanc en Gascogne, l’autre en Languedoc.
A l’Ecole de Musique de l’avenue de St Ouen, un jour, notre professeur de musique nous a dit : " Ecoutez bien ! " et de son guide-chant est sortie une ritournelle merveilleuse, cristalline, gambadante. Ça s’appelle " La Truite " a-t-il précisé. Je me suis senti tout drôle et en sortant de l’école j’ai regardé courir l’eau claire dans le caniveau… |
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